BernardPivot absent depuis le 4 janvier. Les tĂ©lĂ©spectateurs l’ont vu pour la derniĂšre fois le 4 janvier sur « Boomerang » de l’animateur Augustin Trapenard. Il y Ă©tait pour son recueil. Depuis ce temps, l’homme qui incite les Français Ă  la lecture n’est plus apparu. Pendant longtemps, plusieurs personnes ont pensĂ© Ă  une BernardPivot prend une retraite bien mĂ©ritĂ©e. Le cĂ©lĂšbre journaliste a quittĂ© mardi la prestigieuse AcadĂ©mie Goncourt, dont il Ă©tait le prĂ©sident depuis cinq ans. "Je laisse la place Ă  Closer Bernard Pivot. : qui est Monique, qui partage sa vie depuis plus de 60 ans rediff. Bernard Pivot annonce quitter l'AcadĂ©mie Goncourt, il Ă©tait membre du jury depuis 2004 et prĂ©sident depuis 2014. Il entend 'retrouver un libre et . Cette derniĂšre est Ă©crivaine, elle Ă©voque dansComme d'habitudeson fils Antoine, qui est atteint d DApostrophes Ă  Bouillon de culture, Bernard Pivot est une figure incontournable du petit Ă©cran, et l'une des personnalitĂ©s les plus populaires de France. Ses deux prĂ©cĂ©dents ouvrages, publiĂ©s chez Albin Michel, 100 mots Ă  sauver (2004) et 100 expressions Ă  sauver (2008) ont rencontrĂ© un immense succĂšs.Bernard Pivot est membre de l'acadĂ©mie Maisla vie continue. C’est l’histoire d’un homme qui vient d’avoir 82 ans. DĂ©jĂ  ? Jadis, il Ă©tait toujours pressĂ©, il rĂ©gnait sur le monde de la culture et il se sentait invincible. Aujourd’hui, Ă  la retraite, c’est plus calme : les dĂ©faillances du corps, les anxiĂ©tĂ©s de l’ñme, la peur de perdre ses vieux amis qui BernardPivot. C'est l'histoire d'un homme qui vient d'avoir quatre-vingt-deux ans. DĂ©jĂ  ? Jadis, il Ă©tait toujours pressĂ©, il rĂ©gnait sur le monde de la culture et il se sentait invincible xAM2. Disons les choses d'emblĂ©e, je suis, l'auteur de cet article, le gendre de Bernard Pivot. Celui des deux qu'il a remerciĂ©, dans son livre Les Tweets sont des chats*, pour l'avoir initiĂ© aux maigres mystĂšres des rĂ©seaux sociaux - l'autre, le kinĂ©, a un rĂŽle autrement plus prĂ©cieux, qui soulage de ses mains les petits bobos d'un octogĂ©naire dans la force de l'Ăąge mais dont parfois, inĂ©vitablement, le corps grince. Les pages qui suivent ne dressent pas le portrait de l'animateur d'Apostrophes. C'est celui, subjectif, d'un homme qui, Ă  l'Ă©poque de notre rencontre, au dĂ©but des annĂ©es 2000, avait dĂ©cidĂ© de prendre sa retraite en pleine gloire et de vivre, comme il le dit aujourd'hui, "une seconde vie, parce qu'Ă  65 ans, c'est encore possible, mais qu'Ă  75, c'est trop tard". D'un homme de 83 ans qui vit comme s'il en avait 30 et dont le rapport au temps qui passe me subjugue. Celui de "mon" Bernard Pivot - pour reprendre l'expression du responsable de cette rubrique dont l'enthousiasme a soutenu ce projet casse-gueule, malgrĂ© mes doutes et ceux, plus grands encore, du principal intĂ©ressĂ©. Ou, plus exactement, de "notre" Bernard Pivot. Sans ses proches, amis, Ă©diteurs, collaborateurs, jurĂ©s, pygmalions, observateurs avisĂ©s et lui-mĂȘme, qui ont acceptĂ© de me livrer leur tĂ©moignage, l'exercice eut Ă©tĂ© vain, la photographie fragmentaire et sans grand intĂ©rĂȘt. Qu'ils en soient ici remerciĂ©s. Episode 1 OĂč Bernard Pivot saute dans le vide, parce qu'Ă  65 ans tout est possibleSon histoire recommence donc en 2001. Cette annĂ©e-lĂ , malgrĂ© l'insistance de la patronne de France 2, MichĂšle Cotta, et d'une belle brochette d'intellectuels qui vont jusqu'Ă  lui lancer un appel dans Le Journal du dimanche, Bernard Pivot dĂ©cide unilatĂ©ralement de mettre un point final Ă  Bouillon de culture, l'Ă©mission, hebdomadaire Ă©galement, qui a succĂ©dĂ© quelques annĂ©es plus tĂŽt Ă  Apostrophes. La raison qu'il invoque est aussi lumineuse qu'anachronique dans un milieu, la tĂ©lĂ©vision, oĂč l'on ne lĂąche pas facilement son fauteuil Starck et la notoriĂ©tĂ© qui va avec, immense dans son cas "Je me suis dit, mon p'tit Bernard, si tu ne veux pas finir en professeur grincheux, il est temps de passer Ă  autre chose." Offre limitĂ©e. 2 mois pour 1€ sans engagement Autre chose ? Ses fameuses dictĂ©es, qu'il poursuit jusqu'en 2005, et un peu de petit Ă©cran, une fois par mois seulement, avec une nouvelle Ă©mission sur une chaĂźne moins prestigieuse, oĂč il rencontre des personnalitĂ©s Ă  la double appartenance culturelle et nationale. Double Je durera quatre ans. "Je posais toujours les mĂȘmes questions, j'ai fini par me lasser." Bernard Pivot dĂ©bordĂ© par les photographes lors de la 500Ăšme d'Apostrophes, sur Antenne 2, le 27 septembre PHOTO JOEL ROBINE / AFP PHOTO / JOEL ROBINESurtout, il passe de l'autre cĂŽtĂ© du miroir, oĂč il ne s'est jusque-lĂ  aventurĂ© qu'une fois, pour un roman de jeunesse, L'Amour en vogue, sur lequel il prĂ©fĂšre ne pas s'Ă©tendre. Bernard Pivot se met Ă  Ă©crire. Des livres. "Une sorte d'espiĂšglerie tardive", s'amuse-t-il. Trois ans de travail, tout de mĂȘme, pour le premier, son Dictionnaire amoureux du vin. "Olivier Orban, le directeur de Plon, m'avait invitĂ© Ă  dĂ©jeuner, se souvient-il. J'Ă©tais persuadĂ© qu'il allait me proposer le football et j'Ă©tais dĂ©cidĂ© Ă  refuser. Quand il m'a parlĂ© du vin, j'ai Ă©tĂ© sidĂ©rĂ©. J'ai pensĂ© Ă  mon enfance dans le Beaujolais, Ă  Baudelaire. L'idĂ©e m'est apparue trĂšs bonne, j'ai dit oui". Bonne pioche, pour l'auteur et l'Ă©diteur. Son hommage Ă  Bacchus reste, Ă  ce jour, le plus gros succĂšs de la collection. Le pli est pris. Depuis, Pivot enchaĂźne Les Mots de ma vie, Oui, mais quelle est la question ? Au secours, les mots m'ont mangĂ©, La mĂ©moire n'en fait qu'Ă  sa tĂȘte*... Coup de tonnerre chez les Goncourt. En 2004, le monde de la littĂ©rature lui rĂ©serve une nouvelle surprise. Et pas Ă  lui seulement. Un coup de tonnerre Ă©branle les murs lambrissĂ©s de Drouant, le restaurant oĂč le jury de l'acadĂ©mie Goncourt se rĂ©unit tous les premiers mardis du mois. Ses membres l'invitent Ă  siĂ©ger avec eux, deux ans Ă  peine aprĂšs qu'il eut acceptĂ© de rejoindre le prix InteralliĂ©. Il s'assiĂ©ra devant le "premier couvert", oĂč l'ont notamment prĂ©cĂ©dĂ© Alphonse Daudet, Colette, Jean Giono, Bernard Clavel, AndrĂ© Stil, mort en septembre. En octobre, Bernard Pivot est Ă©lu Ă  sa place. Michel Houellebecq assailli par les journalistes aprĂšs son prix Goncourt, en une premiĂšre qui rĂ©sonne en un siĂšcle, jamais un non-Ă©crivain n'avait Ă©tĂ© appelĂ© Ă  voter pour le plus grand des prix littĂ©raires francophones. Plus fort, il s'agit d'un journaliste Ă  la rĂ©putation d'incorruptible, qui devrait dĂ©ranger le jeu de "combinazione" d'oĂč sortent un peu trop souvent vainqueurs les mĂȘmes, les pouliches de l'Ă©curie "Galligrasseuil", ce tout-puissant trio composĂ© de Gallimard, de Grasset et des Ă©ditions du Seuil. Incorruptible, vraiment ? L'anecdote est rapportĂ©e par Guillaume Allary, jeune directeur de la maison du mĂȘme nom, qui a publiĂ© l'un de ses livres, Au secours ! les mots m'ont mangĂ©*. Tous deux avaient pour ami l'Ă©diteur Jean-Claude LattĂšs, disparu en janvier. "C'Ă©tait deux super-potes, vraiment. TrĂšs, trĂšs proches. Pourtant, aucun auteur de Jean-Claude n'avait jamais Ă©tĂ© invitĂ© chez Pivot. Il a fini par lui demander pourquoi. La rĂ©ponse de Bernard ? 'J'attends qu'un de tes livres me plaise'." Le prĂ©sident du Goncourt, entourĂ© de la laurĂ©ate 2016, Leila Slimani Ă  g., de JerĂŽme Ferrari et de deux membres du jury, Philippe Claudel et Patrick Rambaud de g. Ă  d..AFPDonc, Pivot promet il ne s'est jamais laissĂ© influencer Ă  la tĂ©lĂ©, ce n'est pas pour commencer maintenant, Goncourt ou pas. De la transparence, la fin des arrangements, des jurĂ©s dĂ©sormais irrĂ©prochables, les choses vont changer. Il mĂšne la rĂ©forme, au pas de charge. En quelques mois, l'image s'Ă©claircit. Les Goncourt ont ratĂ© Gide, Camus, CĂ©line, Yourcenar, Cohen, Sagan, Le ClĂ©zio ? En 2006, ils ne manquent pas Jonathan Littell et ses monumentales Bienveillantes. Puis couronnent Michel Houellebecq, le paria ; Marie NDiaye et LeĂŻla Slimani, femmes et d'origine africaine ; mĂȘme Pierre Lemaitre, auteur de polars Ă  succĂšs, une marque d'infamie jusque-lĂ . Avec le virtuose Au revoir lĂ -haut, en 2013, il signe l'une des plus belles ventes de l'histoire du prix. "C'est un type qui ne supporte pas qu'on bride sa libertĂ©. Il a Ă©tendu cette exigence Ă  l'ensemble du jury, se fĂ©licite Pierre Assouline, qui en est membre depuis 2012, bien aprĂšs les premiers bouleversements. Jamais l'AcadĂ©mie n'a Ă©tĂ© si indĂ©pendante. Aucun jurĂ© n'est plus salariĂ© par un Ă©diteur. C'est Pivot qui l'a voulu." ProfondĂ©ment remaniĂ©s par les arrivĂ©es de Tahar Ben Jelloun, Philippe Claudel, Paule Constant, Patrick Rambaud, RĂ©gis Debray, auquel succĂ©dera la disruptive Virginie Despentes, en 2016, les Goncourt le remercient de les avoir brusquĂ©s, peut-ĂȘtre plus qu'ils ne l'avaient imaginĂ©. En 2014, Pivot prend tout naturellement, comme une Ă©vidence, la place de la prĂ©sidente Edmonde Charles-Roux, contrainte Ă  la dĂ©mission par la maladie. Les copains dĂ©laissĂ©s. PrĂ©sider l'AcadĂ©mie, ça veut dire un peu de travail supplĂ©mentaire, de coordination, de reprĂ©sentation. Ses copains en sont bien conscients. Et sont plus rĂ©servĂ©s, eux qui comptaient remettre la main sur lui aprĂšs les annĂ©es Apostrophes, quand il lisait douze heures par jour, sept jours sur sept, dix mois par an. "Je pensais que lorsqu'il aurait arrĂȘtĂ© la tĂ©lĂ©, nous nous verrions plus souvent et, comme lorsque nous Ă©tions plus jeunes, que nous retournerions aux matchs de L'Olympique Lyonnais LOL [son club de coeur], qu'il lĂšverait le pied, regrette mezza voce Paul Geoffray, l'un de ses vieux amis si chers de QuinciĂ©-en-Beaujolais, oĂč la famille des Lyonnais Pivot s'Ă©tait rĂ©fugiĂ©e pendant la guerre. Maintenant, il est le patron du Goncourt, il lit toujours beaucoup, il Ă©crit beaucoup... Finalement, on le voit plutĂŽt moins." Lever le pied ? Quand je lui demande s'il en serait capable, ma compagne, sa fille CĂ©cile, avec laquelle il a Ă©crit son dernier livre, Lire !, est catĂ©gorique "Ça me rappelle une discussion qu'on a eue, un jour, Ă  propos de la vieillesse, sourit-elle. Il m'a dit qu'il ne fallait jamais rien lĂącher, ni intellectuellement, ni physiquement, ni sexuellement. Mon pĂšre, renoncer Ă  travailler ? Je serais terrorisĂ©e !" Jullienas Bernard Pivot, en est loin, le "globe-trotteur", comme l'appelle Paul Geoffray. La liste de ses activitĂ©s aprĂšs qu'il eut officiellement cessĂ© d'en avoir a des allures d'inventaire Ă  la PrĂ©vert outre ses livres, les tournĂ©es de promotion et l'AcadĂ©mie, il rĂ©dige chaque semaine deux colonnes pour Le Journal du dimanche, dĂ©jeune dĂšs qu'il le peut avec le Club des Cent, une assemblĂ©e d'amateurs de bonne chĂšre comme lui, oĂč il cĂŽtoie Pierre Arditi, Alain Ducasse, Jean-Pierre Raffarin ou Claude BĂ©bĂ©ar. Il se laisse enrĂŽler par le comitĂ© de surveillance du groupe Express-Expansion, en 2005, et ça dure quelques annĂ©es ; il prend le temps de crĂ©er un comitĂ© de dĂ©fense du beaujolais, en 2009, et revient chaque saison y surveiller la mise en bouteilles de la cuvĂ©e qui porte son nom. Surtout, il se dĂ©couvre deux nouvelles passions chronophages Twitter, donc, oĂč le nombre de ses fans frĂŽle dĂ©sormais le million, et le théùtre, qui l'emmĂšne sur les routes de France et d'Europe, qu'il vente ou qu'il pleuve. 3 ou 4 reprĂ©sentations par mois, plus de 200 depuis son premier spectacle, il y a six ans. CĂ©cile "Je ne pourrais pas tenir Ă  ce rythme." Paul "Les voyages forment la jeunesse, dit-on. Avec lui, c'est sĂ»r !" Jean-Claude Jacquemet, un autre de ses copains de QuinciĂ©, admiratif "Je passe pour ĂȘtre en bonne forme, mais Bernard, c'est le gabarit au-dessus." Episode 2 OĂč l'on constate que marier travail et plaisir lui porte chance"Je voulais ĂȘtre journaliste sportif, pas littĂ©raire. La tĂ©lĂ©, c'est elle qui m'a choisi. La direction de Lire, c'est Jean-Louis Servan-Schreiber qui me l'a proposĂ©e. Le concept des dictĂ©es a Ă©tĂ© inventĂ© par un linguiste bruxellois. Sauf Double Je, les bonnes idĂ©es ne sont jamais venues de moi." Quand Bernard Pivot dit qu'il est un "veinard", qu'il jouit d'une "rĂ©ussite qui dĂ©passe ses qualitĂ©s intellectuelles", ce n'est pas une coquetterie, il en est profondĂ©ment persuadĂ©. Sa fille aussi "Je ne connais personne qui ait eu autant de chance que lui dans la vie". Mais elle nuance "C'est aussi parce qu'il est bon et que c'est un gros bĂ»cheur. Il a souffert pour dĂ©crocher son bac, souffert de ne pas avoir fait de longues Ă©tudes, de ne pas ĂȘtre allĂ© Ă  la fac, de ne pas parler d'Ă©gal Ă  Ă©gal avec certains de ses invitĂ©s d'Apostrophes, alors il a compensĂ© en travaillant Ă©normĂ©ment." En d'autres termes, par lui-mĂȘme "Quand vous vous retrouvez devant Marguerite Duras aprĂšs de simples Ă©tudes de journalisme, vous ne jouez pas les fiers-Ă -bras, vous bossez." Jorge Semprun, l'un des seuls Ă©crivains Ă  avoir franchi les portes de son intimitĂ©, et dont la mort il y a sept ans l'a douloureusement affectĂ©, retournait l'Ă©quation "Ta chance, lui disait-il, c'est de ne pas avoir fait l'universitĂ©."   La chance, elle s'apprivoise. C'est parce qu'il a de la chance que, Ă  l'issue d'un entretien d'embauche dĂ©sastreux, le rĂ©dacteur en chef du Figaro LittĂ©raire apprend que ses parents sont lyonnais et produisent un peu de vin, et qu'il se laisse convaincre de le prendre Ă  l'essai... contre une caisse de beaujolais que le jeune diplĂŽmĂ© du Centre de formation des journalistes promet de lui rapporter la semaine suivante. Mais c'est parce qu'il est bon et qu' "il travaille Ă©normĂ©ment" pour combler ses lacunes en littĂ©rature qu'il le garde. C'est parce qu'il a de la chance que, mis Ă  la porte du Figaro, il peut prĂ©senter sa premiĂšre Ă©mission Ă  la tĂ©lĂ©, Ouvrez les guillemets - et, accessoirement, rĂ©gler avec ses indemnitĂ©s de licenciement la facture de la piscine de sa maison de QuinciĂ©, qui porte, depuis, le nom de celui qui l'a virĂ©, Jean d'Ormesson. Mais c'est parce qu'il est un intervieweur hors pair et qu'il marne comme un moine bĂ©nĂ©dictin que l'annĂ©e suivante, en 1975, Apostrophes devient le phĂ©nomĂšne que l'on sait... phĂ©nomĂšne dont bĂ©nĂ©ficiera notamment "Jean d'O", devenu l'un de ses habituĂ©s. Coup de foudre au théùtre. C'est parce qu'il sent que Pivot sera bon devant les habituĂ©s de son théùtre du Rond-Point que, bien des annĂ©es plus tard, au printemps 2012, Jean-Michel Ribes lui offre Ă  son tour cette drĂŽle de chance seul au milieu d'un dĂ©cor minimaliste inspirĂ© du plateau d'Apostrophes, table basse et fauteuil en cuir noir "extraits des rĂ©serves du Rond-Point, comme [il a lui-mĂȘme] Ă©tĂ© extrait des rĂ©serves de la tĂ©lĂ©vision française", Pivot lit ses Souvenirs d'un gratteur de tĂȘtes, depuis son enfance lyonnaise jusqu'au Nobel de Patrick Modiano, dont son imitation bĂ©gayante fait pleurer de rire le public. Pris de court, les journalistes sont rares. La salle fait le plein, trois soirs de suite. A en croire Jean-Michel Ribes - et pourquoi ne le croirait-on pas ? -, "Pivot s'est trĂšs vite pris au jeu, s'est libĂ©rĂ© des camĂ©ras. Ça lui a redonnĂ© de la vie." Il ne le sait pas encore, mais il a chopĂ© le virus. Il l'entretient en... travaillant Ă©normĂ©ment. L'Ă©phĂ©mĂšre dure. Il finit par Ă©crire un nouveau texte, Au secours ! Les mots m'ont mangĂ©*, fait appel Ă  des rĂ©gisseurs, Ă  un metteur en scĂšne, Jean-Paul Bazziconi, Ă  un producteur, Jean-Luc Grandrie. Qui, lui aussi... "Journaliste, prĂ©sident de l'acadĂ©mie Goncourt, il se dit qu'il n'aurait jamais dĂ» se retrouver lĂ . Du coup, il travaille deux fois plus que les autres." DĂ©cidĂ©ment. Cette chance-lĂ  serait donc devenue un travail comme un autre, fait de sueur et de labeur ? A la Pivot ? Bernard Pivot interviewĂ© par Daniel Picouly, quelques minutes avant sa lecture d'Au secours, les mots m'ont mangĂ©, sur la scĂšne du Théùtre Comoedia, Ă  Aubagne, le 15 novembre PROVENCE/MAXPPPJean-Michel Ribes prĂ©fĂšre, de loin, parler plaisir, fraĂźcheur, transgression. "Il a toujours Ă©tĂ© comme ça, Pivot, un loup dans la bergerie, Ă  cĂŽtĂ© de l'autoroute, ce culot, cette faconde, cette maniĂšre de dire 'j'aime le vin, le foot', son insolence. La scĂšne a remis du charbon dans son moteur, l'a ramenĂ© Ă  l'enfance, Ă  cette vie qu'il a en lui, qu'il avait dĂ©jĂ . Il a trouvĂ© un nouvel endroit oĂč l'exprimer, le théùtre l'a 'dĂ©bouchĂ©', comme on ouvre une bouteille, il a dĂ©chirĂ© son manteau de solitude." Mazette ! On se dit, quand mĂȘme, qu'il exagĂšre. Puis on Ă©coute ce qu'en pense François Busnel. L'animateur de l'une des derniĂšres Ă©missions littĂ©raires du PAF, La Grande Librairie, ne cache pas ce qu'il doit au "plus grand journaliste français", Ă  qui il a succĂ©dĂ© dans le coeur des lecteurs tĂ©lĂ©spectateurs et, un temps, Ă  la direction de Lire. La transgression ? "On ne mesure pas assez ce qu'il y avait de subversif Ă  inviter, Ă  une heure de grande Ă©coute, sur la chaĂźne publique de Giscard d'Estaing, des auteurs interdits de sĂ©jour Ă  la tĂ©lĂ©vision par le pouvoir. Soljenitsyne en pleine guerre froide, il fallait oser." Le plaisir ? "Il est comme d'Ormesson, Ă  qui je demandais pourquoi il faisait de la scĂšne et qui me rĂ©pondait 'Je m'amuse prodigieusement'."   Avec ses mots Ă  lui, moins fleuris, Pivot renchĂ©rit "ArrivĂ© Ă  un certain Ăąge, on n'accepte plus que ce qui fait plaisir. J'ai dĂ©cidĂ© Ă  65 ans que le moment Ă©tait venu." Ah bon ? Mais les signatures interminables dans les librairies, le mauvais vin aux apĂ©ros, les interviews creuses au micro de journalistes qui n'ont pas lu votre livre si, si, ça arrive, les longues heures de train pour aller jouer dans des salles des fĂȘtes Ă©touffantes ou glaciales ? Ces nĂ©cessaires contreparties - les "contraintes sociales" que lui imposent le Goncourt, le théùtre, ses Ă©diteurs - sont autant de dĂ©clinaisons du plaisir. Et je comprends lĂ  qu'on en goĂ»te d'autant plus le sel qu'on a passĂ©, comme lui, quinze ans en tĂȘte Ă  tĂȘte avec des livres et des Ă©crivains, jours fĂ©riĂ©s et vacances compris. Il donne un exemple "Pendant les annĂ©es Apostrophes, je ne suis pratiquement pas sorti le soir. Alors, le pot de dĂ©part Ă  la retraite, il y a quelques jours, de Jean-Michel LarquĂ© [commentateur sportif et ex-joueur de l'AS Saint-Etienne, son second club de coeur et ennemi atavique du premier, l'OL], ce n'Ă©tait pas une contrainte sociale, c'Ă©tait du plaisir." Plus qu'un plaisir, le vin est une passion pour Bernard Pivot qui a mis sa notoriĂ©tĂ© au service des crus du Beaujolais, en crise. Ici Ă  Lyon en mars 2016. AFPPlaisir aussi, assure-t-il, le doute, ce petit pincement au coeur inĂ©vitable quand on prend un virage aussi serrĂ©, qu'on se met en danger - "relatif, je ne risque pas grand-chose..." - sur une scĂšne de théùtre, en Ă©crivant des livres aprĂšs avoir passĂ© Ă  la question Albert Cohen ou Marguerite Yourcenar, en devenant une Ă©gĂ©rie des rĂ©seaux sociaux Ă  80 printemps. Plaisir enfin, les rires du public "Ils ont tellement plus de valeur Ă  mes oreilles que les applaudissements. C'est l'une des derniĂšres grandes joies de ma vie." Sur la scĂšne du Lucernaire, Ă  Paris, oĂč il a campĂ© une semaine, Ă  la fin du mois de mai, ils ont une nouvelle fois retenti, peut-ĂȘtre moins souvent qu'en province, oĂč l'on se fiche du qu'en-dira-t-on et de la biensĂ©ance et oĂč l'on s'esclaffe plus fort. Sauf ce soir particulier oĂč, pendant plus d'une heure, la salle a ondulĂ©, emmenĂ©e par un groupe de rieurs qui rĂ©agissaient au quart de tour, au moindre jeu de mots. Ils, ou plutĂŽt elles, sont venues le trouver Ă  la fin du spectacle, se sont prĂ©sentĂ©es, de vraies fans, assumĂ©es, organisĂ©es, "uniquement des femmes entre 30 et 40 ans", se remĂ©more Bernard Pivot, l'oeil gourmand - "PlutĂŽt 50", rectifie Guillaume Allary, qui y Ă©tait. "Et vous savez comment elles se sont baptisĂ©es ? Les "pivettes". Claude François avait ses Claudettes, moi, j'ai mes Pivettes !" Il en rit encore. Episode 3 OĂč Bernard Pivot, devenu "geek", gazouille et joue les moralistes Sa nomination au Goncourt Ă©tait un pĂ©tard agricole Ă  l'aune de cette explosion-lĂ  le 26 dĂ©cembre 2011, Bernard Pivot rĂ©dige, en moins de 140 caractĂšres Ă  l'Ă©poque, son premier tweet - oĂč il juge "terrible de trouver sur les tombes des cimetiĂšres les chrysanthĂšmes pourris de la Toussaint"... Bernard Pivot sur Twitter, ce repaire de gamins mal Ă©levĂ©s qui parlent un sabir incomprĂ©hensible, semĂ© d'acronymes anglo-saxons, bien loin de la belle langue de MoliĂšre ? LOL ! Que vient-il faire dans cette galĂšre, s'interrogent conjointement, un peu effarĂ©s, ses admirateurs et la twittosphĂšre ? Vous savez, si vous avez lu le premier Ă©pisode de ce rĂ©cit, que c'est moi qui ai transmis Ă  mon beau-pĂšre les dix commandements de Twitter. Je refuse d'endosser une autre responsabilitĂ© que celle-lĂ . Le reste, ce qu'il en a fait, sa rĂ©gularitĂ© de mĂ©tronome il poste tous les matins Ă  la mĂȘme heure, le nombre stratosphĂ©rique de ceux qui le suivent, l'impact de certains de ses aphorismes retweetĂ©s des dizaines de milliers de fois, c'est Ă  lui, Ă  lui seul et Ă  son esprit qu'il le doit. Pivot fait de la gymnastique. Pierre Assouline fait partie de ses followers, et rĂ©ciproquement. Il connaĂźt bien Twitter, qu'il frĂ©quente depuis quelques annĂ©es et oĂč il collectionne les suiveurs, en nombre bien moins important, certes, mais quand mĂȘme. La reconversion numĂ©rique de Pivot ? Ça le "fait marrer". Somme toute, il ne la trouve pas si surprenante. "D'abord, c'est une excellente gymnastique, la concision. Et puis il y joue les moralistes, y diffuse des pensĂ©es Ă  l'ancienne, mais adaptĂ©es Ă  notre temps." Guillaume Allary va plus loin dans la rĂ©fĂ©rence Ă  une tradition littĂ©raire "qu'il remet au goĂ»t du jour, ce genre si français passĂ© Ă  la postĂ©ritĂ© avec La Rochefoucauld". A l'auteur des Maximes, dont il ne nie pas l'influence, Bernard Pivot ajoute le pamphlĂ©taire Antoine de Rivarol, "un 'twitto' qui s'ignorait". Est-ce parce qu'il trouve chez eux, et sur Twitter, cette dĂ©sinvolture qui le fascine tant chez les autres mais qu'il est "trop sĂ©rieux" pour cultiver chez lui ? Il rĂ©pond "peut-ĂȘtre". Mais ajoute que l'exercice lui rappelle ses dĂ©buts au Figaro littĂ©raire, oĂč il fallait chercher en permanence l'information, rester en Ă©veil. Que c'est sa maniĂšre aujourd'hui "d'ĂȘtre prĂ©sent au monde", comme Ă  l'Ă©poque. Pour tenir sa partition sur ce "rĂ©seau choral qui n'est composĂ© que de solistes", contrairement Ă  l'agrĂ©gateur Facebook, qui ne l'intĂ©resse pas, il doit ĂȘtre plus que jamais journaliste. "Il achĂšte la presse chaque jour, il lit tout L'Equipe, Le Figaro, Le Parisien, Le Monde, les 'news magazines'... en partie, dĂ©sormais, parce que Twitter l'y contraint", apprĂ©cie sa fille. Ceux qui y officient rĂ©guliĂšrement le savent, Twitter n'est pas qu'un rĂ©servoir de belles lettres. C'est aussi, entre autres aspects inavouables, une vitrine oĂč s'exposent et s'affrontent les ego. Comme, toutes proportions gardĂ©es, sur les scĂšnes des théùtres ou devant les camĂ©ras de la tĂ©lĂ©vision. De lĂ  Ă  suspecter Pivot d'avoir cĂ©dĂ© aux sirĂšnes du narcissisme de masse, il n'y a qu'un pas, que pourrait inciter Ă  franchir l'attention sourcilleuse qu'il porte au nombre de ses abonnĂ©s... L'accusation fait bondir François Busnel, qui pour son brillant plaidoyer en appelle Ă  Edmond Rostand "Ce besoin de lumiĂšre est moins un besoin d'exister Ă  tout prix, un dĂ©sir de cĂ©lĂ©britĂ©, qu'une envie de 'jouer le match'. Bernard, c'est Cyrano et son panache, qui croit qu'il est dans l'ombre et qui illumine tout le monde. Sans lui, sans ses tweets, sans sa bouille, sans son rentre-dedans, on s'emmerde. Il nous rĂ©veille, il rĂ©veille l'Ă©poque. LĂ  encore, c'est Cyrano 'Que dites-vous ?... C'est inutile ?... [...] / C'est bien plus beau lorsque c'est inutile ! [...] / - Je sais bien qu'Ă  la fin vous me mettrez Ă  bas ; / N'importe je me bats ! je me bats ! je me bats !' Oui, c'est inutile, sans doute, ces tweets de Pivot auxquels rĂ©pondent des imbĂ©ciles. Mais c'est beau, de faire ça, Ă  son Ăąge." Episode 4 OĂč sa curiositĂ© se confirme ĂȘtre une belle qualitĂ© Ceux qui connaissent Bernard Pivot savent qu'il ne serait pas le mĂȘme sans elle. Anne-Marie Bourgnon Ă©tait dĂ©jĂ  sa collaboratrice du temps du Figaro LittĂ©raire, dans les annĂ©es 1960, elle l'a suivi Ă  la tĂ©lĂ©vision et ne l'a pas quittĂ© aprĂšs, continuant, depuis son petit bureau de la proche banlieue parisienne, d'envoyer ses chroniques au JDD, de planifier ses rendez-vous, ses dĂ©placements, de surveiller ses comptes et ses contrats. Elle est plus organisĂ©e que lui, qui, selon sa fille, gĂšre pourtant dĂ©jĂ  "un emploi du temps millimĂ©trĂ©." C'est dire. AprĂšs cinquante annĂ©es passĂ©es Ă  son cĂŽtĂ©, cette fidĂšle parmi les fidĂšles sait mieux que quiconque pourquoi Pivot Ă©tait aussi certain, en mettant un terme Ă  sa carriĂšre de journaliste tĂ©lĂ©, que, comme il s'en rĂ©jouissait Ă  l'Ă©poque, "une vie agrĂ©able [l]'attendait". "Quand moi j'allais au théùtre, lui passait ses soirĂ©es Ă  lire. Il n'allait jamais au cinĂ©ma, au concert, ne voyageait pas. Tout ce qu'il s'est remis Ă  faire quand il a arrĂȘtĂ© Apostrophes." Pourquoi, alors, replonger aussi rapidement, revenir Ă  cette boulimie d'activitĂ©s qui, de sa premiĂšre vie Ă  la seconde, donne le mĂȘme tournis ? "C'est de la gourmandise, de l'envie, l'envie de dĂ©couvrir mille choses, corrige-t-elle en riant, comme entre presque chacune de ses phrases. Pas de la boulimie." Un Pivot augmentĂ©. A l'envie, Ă  la gourmandise, Guillaume Allary prĂ©fĂšre un autre terme, aux ressorts presque identiques, mais tellement plus ample la curiositĂ©. Et reçoit de l'assistance un soutien unanime. "C'est le mot qui le caractĂ©rise le mieux, abonde Pierre Assouline. L'historien Pierre Nora, avec qui Bernard Pivot a signĂ© un livre d'entretien sur son MĂ©tier de lire*, le disait dĂ©jĂ  il est l'interprĂšte de la curiositĂ© publique." "Il est intĂ©ressĂ© par tout, le dĂ©borde par la droite Jean Solanet, truculent prĂ©sident en titre du Club des Cent. Il a une capacitĂ© d'Ă©tonnement inĂ©puisable." François Busnel, pour qui c'est "sa marque de fabrique", l'associe Ă  sa disponibilitĂ©, "qui fait que lorsque Jean-Michel Ribes l'appelle, il rĂ©pond, que si Jean d'Ormesson le fout dehors, il rebondit ailleurs." Le patron d'Albin Michel, Richard Ducousset, qui le frĂ©quente depuis longtemps et a Ă©ditĂ© nombre de ses livres, trouve que c'est elle qui, appliquĂ©e Ă  son travail d'Ă©criture, fait de lui un "Pivot augmentĂ©". AugmentĂ© ? Bernard Pivot n'est pas d'accord. Il trouve qu'il n'y a rien d'exceptionnel lĂ -dedans, qu'il a "la curiositĂ© normale de tout journaliste qui s'il n'est pas curieux n'est pas journaliste". Mais il admet que "ce qui explique [sa] longĂ©vitĂ©, c'est la longĂ©vitĂ© de [sa] curiositĂ©". Et Anne-Marie Bourgnon, finalement ? Elle approuve aussi. Elle en fait mĂȘme son "arme absolue contre la vieillesse". La vieillesse. Pour Bernard Pivot, "comme pour nous tous", tempĂšre Ă  juste titre François Busnel, c'est un sujet... sans en ĂȘtre un. "J'ai 83 ans, mais je continue comme s'il n'y avait pas de limite. La limite viendra de la santĂ© et de la mort. Je fermerai les Ă©coutilles, et puis voilĂ  ! prĂ©vient-il, en bon stoĂŻcien. En attendant, ce qui vous semble ĂȘtre de l'hyperactivitĂ©, c'est ce qui me maintient en forme. Je suis comme une batterie qui se recharge elle-mĂȘme". Et ça suffit ? Pas tout Ă  fait. "Sa vieillesse, il en parle depuis qu'il a 60 ans, rĂ©pond sa fille. Aujourd'hui, il en guette chaque nouveau signe. Elle lui fait peur, il la combat." Depuis les dĂ©cĂšs rĂ©cents de deux de ses meilleurs amis, Jean-Claude LattĂšs et l'Ă©diteur Raymond LĂ©vy, une figure de la RĂ©sistance, elle a pris un aspect plus menaçant. Alors bien sĂ»r, il fait attention Ă  lui, veille au bon fonctionnement de sa "carcasse". "Il fait un check-up tous les ans", le moque gentiment Paul Geoffray. Sans omettre toutefois de prĂ©ciser que, pendant que son copain fait les 400 coups, lui-mĂȘme "passe la moitiĂ© de [ses] journĂ©es dans un fauteuil"... L'Ă©diteur Jean-Claude LattĂšs, l'un de ses meilleurs amis, aujourd'hui dĂ©cĂ©dĂ©, en 1977. AFPFrançois Busnel a une solution diffĂ©rente, en mĂȘme temps qu'un dĂ©but d'explication et un hommage Ă  la lecture "Lire pendant quarante ans de sa vie, comme il l'a fait, apporte un regain d'Ă©nergie. Umberto Eco disait que celui qui ne lit pas n'a qu'une vie et que celui qui lit en a mille. Bernard a eu mille vies. A son Ăąge, lesquelles rendre rĂ©elles ? Une vie d'artiste et de saltimbanque sur scĂšne ? Pas mal. Le Goncourt ? Pas mal aussi. Un livre avec sa fille ? Un beau projet. Sa vitalitĂ© vient aussi de ce qu'il a lu Ă©normĂ©ment. Et qu'il s'est appropriĂ© tous ces livres". Plus prosaĂŻque, ou plus sentimentale, Anne-Marie Bourgnon fait allusion, sans s'Ă©tendre, Ă  une autre mĂ©decine "Il continue d'ĂȘtre amoureux, et ce n'est sĂ»rement pas un hasard, c'est une volontĂ© de bonheur". Voltaire le disait dĂ©jĂ  "J'ai dĂ©cidĂ© d'ĂȘtre heureux, parce que c'est bon pour la santĂ©." Quand on s'appelle Pivot, on n'Ă©chappe pas aux grands Ă©crivains. Episode 5 OĂč sa popularitĂ© demeure inoxydable malgrĂ© le temps qui passe"Nous nous rendions Ă  un festival, en train. A l'aller, il y avait ce couple, les deux devaient avoir autour de 70 ans. Au retour, c'Ă©tait une jeune femme, 35 ans environ. Ils ont reconnu mon pĂšre, eux comme elle, et ça nous a marquĂ©s, lui et moi. A des heures d'intervalle et bien que trĂšs diffĂ©rents, eux devaient le connaĂźtre d'Apostrophes, elle de ses dictĂ©es, tous les trois ont eu la mĂȘme rĂ©action ils Ă©taient heureux, trĂšs heureux, de rencontrer, non une cĂ©lĂ©britĂ©, mais quelqu'un qu'ils aimaient vraiment, on le sentait." Des histoires comme celle-lĂ , CĂ©cile Pivot en a plein sa besace, vĂ©cues au quotidien, au restaurant, sur des aires d'autoroute ou, depuis qu'ils dĂ©dicacent ensemble leur livre commun, chez les libraires. Dix-sept ans aprĂšs la fin de Bouillon de culture, il suffit de se promener avec lui quelques minutes dans la rue pour constater que Bernard Pivot est encore une star - pardon, une vedette. Sans reparler de ses spectateurs au théùtre ou du million d'assidus qui l'attendent chaque matin, Ă  8 heures tapantes, sur Twitter. Passeur pour tous et pour toujours. La raison de cette popularitĂ© qui ne se dĂ©ment pas ? Pour sa fille, "c'est sa modestie, d'abord". Mais aussi cette forme de luciditĂ©, sur lui-mĂȘme et ses capacitĂ©s, grĂące Ă  laquelle il n'a jamais fait que ce qu'il savait faire, refusant, il l'a souvent racontĂ©, de devenir producteur, prĂ©sident de chaĂźne ou ministre. SĂ©ance de dĂ©dicaces, le 26 aoĂ»t 2007, Ă  Chanceau-PrĂšs-Loches, lors de la douziĂšme Ă©dition de la manifestation littĂ©raire La ForĂȘt des Livres. Une popularitĂ© toujours "Il n'a pas connu une seule affaire, n'a pas une seule casserole", s'Ă©tonne-t-elle presque. "Il n'y a pas une tache dans son parcours professionnel", insiste Pierre Assouline, qui loue tout autant son "absolue libertĂ©". Pour un homme de tĂ©lĂ©vision, prĂ©sident de jury littĂ©raire de surcroĂźt, le cas est rare. Jean-Luc Grandrie, son producteur, qui se doit de bien connaĂźtre son public par nĂ©cessitĂ© commerciale, a une thĂ©orie complĂ©mentaire si on l'aime, Bernard Pivot, c'est parce qu'il est aimable. Qu'il goĂ»te "le contact avec les gens, qu'il prend le temps". Il se souvient de certaines sĂ©ances de dĂ©dicaces, aprĂšs le spectacle, "qui duraient plus longtemps que la piĂšce elle-mĂȘme". DerniĂšre hypothĂšse, celle de Guillaume Allary, qui estime logique que sa cote n'ait jamais baissĂ©, puisque, selon lui, il fait depuis toujours le mĂȘme mĂ©tier de "passeur" - "IntermĂ©diaire, c'est moins prĂ©tentieux", rectifie Bernard Pivot. "A Apostrophes, Ă  Bouillon de culture, Ă  Double Je, dans ses journaux et ses livres, sur scĂšne et sur Twitter, en sĂ©lectionnant des romans pour le Goncourt, que fait-il d'autre ? Il passe. Il fait connaĂźtre des auteurs et des ouvrages Ă  des lecteurs. C'est bien pour ça qu'il n'arrĂȘtera jamais, je le lui ai dit. Etre un passeur, c'est comme ĂȘtre un Ă©diteur, c'est sans fin." Sa lumiĂšre s'Ă©teindra donc sur scĂšne, comme celle de MoliĂšre avant lui, sans qu'il ait jamais dĂ©telĂ© ? Bernard Pivot a une vision diffĂ©rente de ses derniers instants "Si je peux choisir, je prĂ©fĂ©rerais mourir dans un fauteuil, un livre entre les mains." Pour dire une derniĂšre fois merde Ă  la mort et vive la vie. *Les livres de Pivot L'Amour en vogue Calmann-LĂ©vy, 1959 ; Le MĂ©tier de lire avec Pierre Nora, Gallimard, 1990 ; Le Dictionnaire amoureux du vin Plon, 2006 ; Les Mots de ma vie Albin Michel, 2011 ; Oui, mais quelle est la question ? NiL Editions, 2012 ; Au secours ! Les mots m'ont mangĂ© Allary Editions, 2016 ; La mĂ©moire n'en fait qu'Ă  sa tĂȘte Albin Michel, 2017 ; Lire ! avec CĂ©cile Pivot, Flammarion, 2018. Eric Mettout Les plus lus OpinionsLa chronique de Vincent PonsVincent Pons, avec Boris VallĂ©eLa chronique de Marion Van RenterghemPar Marion Van RenterghemLa chronique de Sylvain FortPar Sylvain FortLa chronique du Pr Gilles PialouxPar le Pr Gilles Pialoux Bernard Pivot "Gardons l’esprit vif" ‱ Notre Temps Pourquoi avoir créé ce double littĂ©raire? Tout paraĂźt vrai, autobiographique. Bernard Pivot. Tout est vrai. Mais beaucoup de choses sont fausses! Ce n’est pas un roman, pas une autobiographie, plutĂŽt une chronique. J’aurais aimĂ© appartenir au groupe d’amis octogĂ©naires que je mets en scĂšne. Inventer ce cĂ©nacle qui organise des dĂ©jeuners Ă  thĂšme Ă©tait une maniĂšre, pour moi, de renouer avec "Apostrophes". Tous sont joyeux, mĂȘme s’ils parlent beaucoup des "CI2A" ces quatre flĂ©aux de l’ñge que sont le cancer, l’infarctus, l’AVC et Alzheimer. Quant Ă  mon narrateur, je ne suis plus lui et il n’est pas encore moi. Nous avons trois ans d’écart. PassĂ© 80 ans, trois ans, c’est un temps extraordinaire. ‱ Vous donnez des conseils pour bien aborder cette pĂ©riode de la vie
 Le plus dur a Ă©tĂ© pour moi de trouver le ton juste pour Ă©crire ce livre. Entre l’humour, qui traduit un certain bonheur de vivre, et le cĂŽtĂ© moraliste, donneur de leçons. Si nous voulons garder une audience auprĂšs des jeunes, nous ne devons en aucun cas ĂȘtre ronchons ou passĂ©istes. Nous devons cultiver notre curiositĂ© pour le monde dans lequel nous trois des "CI2A" nous Ă©chappent, il en est un que nous pouvons tenter de retarder, c’est Alzheimer. RĂ©unissons-nous, dĂ©battons, ayons une vie sociale, voyageons. Lorsque nous Ă©changeons ardemment, nous gardons l’esprit vif. ‱ Les pĂ©riodes de confinement sont terribles de ce point de vue! Oh, moi, je suis trois fois confinĂ©. DĂ©jĂ  par mon activitĂ© de lecteur, socialement comme retraitĂ©, sanitairement comme personne Ă  risque. Nous entrons dans une pĂ©riode oĂč l’image des vieux change. Avant, on disait de nous ils vieillissent bien, leur espĂ©rance de vie augmente, ils sont actifs
 Aujourd’hui, nous sommes considĂ©rĂ©s comme fragiles, au premier rang des victimes de la Covid. ‱ En sortant de l’école de journalisme, vous publiez un roman. Est-ce donc naturellement que vous devenez journaliste littĂ©raire? Non, c’est un hasard. J’aurais voulu entrer Ă  "L’Équipe" mais l’école m’a proposĂ© un poste au "Figaro littĂ©raire". J’ai travaillĂ© quinze ans en presse Ă©crite avant de faire ma premiĂšre Ă©mission, "Ouvrez les guillemets", en avril 1973. Ce soir-lĂ , Jacqueline Baudrier, ma patronne, m’a fait trois remarques "l’émission Ă©tait trĂšs mauvaise", "je devais abandonner ma veste de garçon de cafĂ©", mais "j’étais fait pour la tĂ©lĂ©vision". ‱Avec "Apostrophes" vous ĂȘtes devenu plus connu que les auteurs que vous invitiez. Cette notoriĂ©tĂ© Ă©tait-elle importante pour vous? C’est un des grands dangers de la tĂ©lĂ©, contre lequel nous devons lutter surtout, ne pas se considĂ©rer comme la vraie vedette. Toutefois, cette notoriĂ©tĂ© Ă©tait le rĂ©sultat d’un travail et un gage de succĂšs pour l’émission. J’ai tout de mĂȘme reçu des gens beaucoup plus connus que moi! Mais il est vrai que j’ai dit "Si je descends les Champs-ÉlysĂ©es entre Claude LĂ©vi-Strauss et Julien Green, c’est Ă  moi qu’on demandera un C’est la perversion de la tĂ©lĂ©vision. ‱ Le beaujolais, le football
 vous aimez mettre en avant vos goĂ»ts populaires. J’ai Ă©tĂ© mis en cause par des intellectuels de l’époque pour cette raison. Comment faire confiance Ă  un journaliste littĂ©raire qui va voir des matchs de foot? Pour certaines personnes, il aurait Ă©tĂ© prĂ©fĂ©rable que je naisse dans le Bordelais et que je joue au tennis. J’ai Ă©crit alors un article intitulĂ© "Proust est-il soluble dans le beaujolais?" ‱ Quel Ă©crivain vous a le plus impressionnĂ©? Alexandre Soljenitsyne. Pas seulement en tant qu’écrivain, mĂȘme si "Une journĂ©e d’Ivan Denissovitch" 1962 ou "Le Pavillon des cancĂ©reux" 1968 sont des grands livres. C’est un homme qui a marquĂ© l’histoire. Il est celui qui a rĂ©sistĂ© aux trois flĂ©aux du XXe siĂšcle la guerre, le cancer, le goulag. ‱ Regrettez-vous d’avoir soutenu, au nom de la littĂ©rature, des auteurs aux comportements pervers, tel Gabriel Matzneff? Des annĂ©es 1970 aux annĂ©es 1990, la littĂ©rature, et mĂȘme le cinĂ©ma, Ă©tait au-dessus de la morale, des lois. Aujourd’hui, la morale a pris le dessus, c’est un changement d’époque. On ne publierait plus "Lolita" de Nabokov, par exemple. ‱ Qu’avez-vous Ă©prouvĂ© quand une de vos filles s’est mise Ă  Ă©crire des romans? De la fiertĂ©. CĂ©cile a commencĂ© tard mais je l’ai encouragĂ©e. J’étais content qu’elle ait pris le goĂ»t des mots, de les agencer. Avec tous les livres qui encombraient la maison et qui m’accaparaient, mes filles auraient pu dĂ©tester la lecture. CĂ©cile est la lectrice qui m’a le plus impressionnĂ©. Je me demande seulement si elle a eu raison de garder mon nom. ‱ Vous ĂȘtes trĂšs prĂ©sent sur Twitter. Est-ce votre maniĂšre de garder un lien avec le public? Certainement. C’est un moyen de dialoguer avec des gens que je ne connais pas et qui rĂ©agissent, en bien ou en mal. J’ai adorĂ© la contrainte des 140 signes. Elle me rappelait mes dĂ©buts dans le journalisme, quand on me confiait de courts papiers! Maintenant, on a droit Ă  280 signes, c’est plus facile! J’ai atteint le million d’abonnĂ©s. Beaucoup me racontent leurs souvenirs d’"Apostrophes". Certains, d’origine Ă©trangĂšre, comme des chauffeurs de taxi, me disent qu’ils ont pratiquĂ© leur français grĂące Ă  mes Ă©missions. Cela me rĂ©jouit! ‱ Bernard Pivot en six dates - 5 mai 1935 Naissance Ă  1958 DĂ©bute au "Figaro" aprĂšs des Ă©tudes de droit et de 1973 Anime sa premiĂšre Ă©mission littĂ©raire Ă  la tĂ©lĂ©vision. "Apostrophes" prend le relais de 1975 Ă  1990. Puis "Bouillon de Culture", jusqu’en 1975 Cofonde la revue mensuelle "Lire".- 2004 Entre au jury du prix Goncourt, qu’il prĂ©side de 2014 Ă  2021 Fait paraĂźtre "
 Mais la vie continue."À lire Guillaume, sorte de double littĂ©raire de Pivot, est un Ă©diteur Ă  la retraite. Son plaisir rejoindre son groupe d’amis octogĂ©naires et deviser sur la vie, l’amour et les mouvements du monde. Une vision douce-amĂšre de l’ñge. "
 Mais la vie continue", Ă©d. Albin Michel, 19,90€. ... mais la vie continue - Grand Format C'est l'histoire d'un homme qui vient d'avoir 82 ans. DĂ©jĂ  ? Jadis, il Ă©tait toujours pressĂ©, il rĂ©gnait sur le monde de la culture et il se sentait... Lire la suite 19,90 € Neuf Poche En stock 7,40 € Ebook TĂ©lĂ©chargement immĂ©diat 6,99 € TĂ©lĂ©chargement immĂ©diat 19,95 € Grand format En stock 19,90 € Livre audio ExpĂ©diĂ© sous 3 Ă  6 jours 21,90 € En stock en ligne LivrĂ© chez vous Ă  partir du 30 aoĂ»t C'est l'histoire d'un homme qui vient d'avoir 82 ans. DĂ©jĂ  ? Jadis, il Ă©tait toujours pressĂ©, il rĂ©gnait sur le monde de la culture et il se sentait invincible. Aujourd'hui, Ă  la retraite, c'est plus calme les dĂ©faillances du corps, les anxiĂ©tĂ©s de l'Ăąme, la peur de perdre ses vieux amis qui forment une bande de joyeux octogĂ©naires. Une autre vie commence. Avec le plaisir de pouvoir enfin prendre son temps et le perdre. A travers ce narrateur qui lui ressemble comme deux gouttes de vieux bourgogne, Bernard Pivot raconte le grand Ăąge Ă  sa façon. CuriositĂ©, luciditĂ©, humour, c'est bien lui. Et c'est bien sa maniĂšre de proposer une petite leçon de gouvernance individuelle oĂč chacun trouvera quelques recettes pour vieillir heureux. Date de parution 06/01/2021 Editeur ISBN 978-2-226-45132-3 EAN 9782226451323 Format Grand Format PrĂ©sentation BrochĂ© Nb. de pages 221 pages Poids Kg Dimensions 15,0 cm × 22,0 cm × 2,1 cm Biographie de Bernard Pivot Bernard Pivot est journaliste, chroniqueur, animateur et crĂ©ateur d'Apostrophes, de LIRE, des Dicos d'or, grand dĂ©fenseur des mots et de la langue française, auteur, prĂ©sident du Goncourt jusqu'en 2019. Il a publiĂ© plusieurs livres aux Ă©ditions Albin Michel, dont Les mots de ma vie 2011 et La mĂ©moire n'en fait qu'Ă  sa tĂȘte 2017. Bernard Pivot, qui a marquĂ© les belles heures de la tĂ©lĂ©vision française avec Apostrophes, quitte l’AcadĂ©mie Goncourt, dont il Ă©tait membre depuis quinze ans et prĂ©sident depuis cinq ans, a annoncĂ©, mardi, sur Twitter l’assemblĂ©e du prix AcadĂ©miciens Ă  qui ⁊bernardpivot1⁩ avait annoncĂ© en juin sa dĂ©cision de se retirer de l’acadĂ©mie fin dĂ©cembre en restant membre d’honneur l’ont fĂȘtĂ© chez Drouant ! Lettre d’Ed de Goncourt, grands crus, tableau littĂ©rature et oenologie pour lui dire merci ! AcadĂ©mie Goncourt AcadGoncourt December 3, 2019 Pour retrouver un libre et plein usage de son temps, Ă  84 ans Bernard Pivot a dĂ©cidĂ© de se retirer de l’AcadĂ©mie Goncourt Ă  partir du 31 dĂ©cembre. Il en Ă©tait membre depuis 15 ans, le prĂ©sident depuis 5 ans. Il en devient membre d’honneur », a annoncĂ© l’AcadĂ©mie sur Twitter, quelques semaines aprĂšs avoir rĂ©compensĂ© le romancier Jean-Paul Dubois pour Tous les hommes n’habitent pas le monde de la mĂȘme façon L’Olivier.L’homme qui fit entrer la littĂ©rature dans le salon des FrançaisAnimateur d’émissions culturelles Ă  la tĂ©lĂ©vision française, grand connaisseur de la littĂ©rature, Bernard Pivot est devenu en 2004 le premier non-Ă©crivain cooptĂ© Ă  l’acadĂ©mie Goncourt. Il a remplacĂ© Edmonde Charles-Roux aux fonctions de prĂ©sident en janvier 2014. Avec Apostrophes, l’émission littĂ©raire la plus cĂ©lĂšbre de la tĂ©lĂ©vision, Bernard Pivot est l’homme qui fit entrer la littĂ©rature dans le salon des Français. Ce fou de littĂ©rature, dĂ©fenseur acharnĂ© de la langue française et ami sincĂšre des mots, a animĂ© durant 15 ans de 1975 Ă  1990 l’émission littĂ©raire qui, chaque vendredi, Ă©tait suivie par des millions de d’ĂȘtre dans Le Petit Larousse »VĂȘtu de la blouse grise des instituteurs d’autrefois, Bernard Pivot est aussi celui qui tenta de rĂ©concilier les Français avec l’orthographe en organisant, Ă  partir de 1985, Les Dicos d’or, cĂ©lĂšbre championnat d’orthographe qui a remis la dictĂ©e au goĂ»t du jour. Cette appĂ©tence pour la langue française remonte Ă  loin, expliquait Bernard Pivot en mars 2016 Ă  l’occasion de la prĂ©sentation de son livre Au secours ! Les mots m’ont mangĂ© aux Editions Allary. Je suis un enfant de la guerre. J’étais rĂ©fugiĂ© avec ma mĂšre dans un petit village du Beaujolais, et mes seuls livres Ă©taient un dictionnaire et les fables de La Fontaine. La Fontaine me parlait de zĂ©phyr ou d’aquilon, et Le Petit Larousse me renseignait sur ces mots Ă©tranges », avait-il confiĂ©. Une de ses plus grandes fiertĂ©s est d’ĂȘtre entrĂ© dans le Petit Larousse en 2013. Amateur de vin et de footballHomme de lettres, au sens propre, il n’a Ă©crit Ă  ce jour que deux romans L’amour en vogue 1959 et Oui, mais quelle est la question ? 2012. En parallĂšle, il est l’auteur de plusieurs essais, sur la langue française, mais aussi sur ses deux autres grandes passions le vin et le Ă  Lyon le 5 mai 1935 dans une famille de petits commerçants, il a passĂ© son enfance dans le Beaujolais et Ă©tait connu pour ĂȘtre un amateur Ă©clairĂ© des vins de ce terroir. On lui doit notamment un Dictionnaire amoureux du vin Plon, 2006 qui fait autoritĂ©. Fou de foot, il est restĂ© fidĂšle Ă  l’AS Saint-Etienne et Ă  l’équipe de et twittoCes derniĂšres annĂ©es, Bernard Pivot a Ă©tĂ© trĂšs actif sur Twitter avec plus d’un million d’abonnĂ©s, partageant ses humeurs et ses vues. Mais, au-delĂ  de toutes ses activitĂ©s, c’est en tant que journaliste qu’il aime se dĂ©finir. AprĂšs un passage au ProgrĂšs de Lyon, il entre au Figaro littĂ©raire en 1958. Chef de service au Figaro en 1971, il dĂ©missionne en 1974 aprĂšs un dĂ©saccord avec Jean d’Ormesson. L’acadĂ©micien aux yeux bleus sera nĂ©anmoins le recordman des passages dans les Ă©missions littĂ©raires de Pivot. Chers fans de CodyCross Mots CroisĂ©s bienvenue sur notre site Vous trouverez la rĂ©ponse Ă  la question Pour Bernard Pivot il Ă©tait de culture . Cliquez sur le niveau requis dans la liste de cette page et nous n’ouvrirons ici que les rĂ©ponses correctes Ă  CodyCross Saisons. TĂ©lĂ©chargez ce jeu sur votre smartphone et faites exploser votre cerveau. 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