jevous mets ici un copier coller d'un post que j'ai fait sur le forum de l'ordre thalassien au sujet du concept de "full RP". Il n'y a pas de raison que je me. Les Clairvoyants. Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer. Derniers sujets » A suivre Mer 5 Mar - 9:07 par Tunrida Astraani » Fusion du
Aumoins jâaurai laissĂ© un beau cadavre © Christophe Raynaud de Lage Le théùtre de Vincent Macaigne AnimĂ© par la farouche volontĂ© de faire entendre la voix du théùtre dans un monde en crise, le comĂ©dien Vincent Macaigne est devenu metteur en scĂšne pour sâexprimer sur un plateau transformĂ© en champ de bataille des corps et des idĂ©es.
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DansAu moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre, dâaprĂšs Hamlet de Shakespeare, le jeune metteur en scĂšne va jusquâau bout dans lâexcĂšs et dans lâĂ©puisement des Ă©nergies. On
Lajustice soupçonne le quadragĂ©naire « dâavoir, entre le 30 novembre 2013 et le 31 janvier 2018, portĂ© atteinte au respect et Ă lâintĂ©gritĂ© de corps de personnes ayant fait le don de leurs corps Ă la science, notamment en rĂ©cupĂ©rant sur les corps des dents en or et des bijoux, en leur portant des coups de couteau et en les laissant volontairement Ă la merci des rongeurs ».
kFEnbt. LâĆuvre dâHomĂšre est immense, non seulement en quantitĂ©, mais par la place quâelle occupe dans la littĂ©rature mondiale. Les vers qui nous sont parvenus ne reprĂ©sentent qu'une fraction de l'ensemble de son oeuvre LâIliade et LâOdyssĂ©e. Ils sont disposĂ©s dans les deux textes en 24 parties ou chants» qui devaient former des histoires indĂ©pendantes pouvant ĂȘtre racontĂ©es en une seule fois. Ces Ă©popĂ©es racontent d'une part le siĂšge de Troie, enjeu impitoyable entre les hĂ©ros et les dieux de la GrĂšce, d'autre le retour interminable de l'un de ces hĂ©ros, Odysseus en latin Ulysse dans son Ăźle natale. Isabelle GrĂ©gor LâIliade en quelques mots Achille boude. Agamemnon, chef des armĂ©es grecques, lui a reprit son esclave prĂ©fĂ©rĂ©e, BrisĂ©is. Il refuse donc obstinĂ©ment de retourner combattre sous les murs de Troie. Depuis prĂšs de 10 ans, les armĂ©es des Grecs ou AchĂ©ens en font le siĂšge pour rependre la belle HĂ©lĂšne, enlevĂ©e par PĂąris, prince troyen. Sâil ne se dĂ©cide pas vite Ă repartir au combat, câest la dĂ©faite assurĂ©e ! Pour sauver la GrĂšce, son meilleur ami, Patrocle, se fait passer pour le hĂ©ros et parvient Ă faire reculer les Troyens. Mais câest sans compter sur Hector, leur meilleur guerrier, qui parvient Ă tuer Patrocle. Fou de douleur, Achille jure de se venger. Hector succombe sous ses coups, et son corps est traĂźnĂ© derriĂšre le char de son vainqueur. Priam, roi de Troie, vient supplier Achille de lui rendre le corps de son fils des funĂ©railles solennelles vont pouvoir avoir lieu. Chante, DĂ©esse, la colĂšre dâAchille⊠» La mort de Patrocle chant XVI Et dĂšs que Hector eut vu le magnanime Patrocle se retirer, blessĂ© par l'airain aigu, il se jeta sur lui et le frappa dans le cĂŽtĂ© d'un coup de lance qui le traversa. Et le fils de Menoetios tomba avec bruit, et la douleur saisit le peuple des AchĂ©ens. De mĂȘme un lion dompte dans le combat un robuste sanglier, car ils combattaient ardemment sur le faĂźte des montagnes, pour un peu d'eau qu'ils voulaient boire tous deux; mais le lion dompte avec violence le sanglier haletant. Ainsi Hector, le fils de Priam, arracha l'Ăąme du brave fils de Menoetios, et, plein d'orgueil, il l'insulta par ces paroles ailĂ©es - Patrocle, tu espĂ©rais sans doute saccager notre ville et emmener, captives sur tes nefs, nos femmes, dans ta chĂšre terre natale ? Ă insensĂ© ! c'est pour les protĂ©ger que les rapides chevaux dâHector l'ont menĂ© au combat, car je l'emporte par ma lance sur tous les Troyens belliqueux, et j'Ă©loigne leur dernier jour. Mais toi, les oiseaux carnassiers te mangeront. Ah ! malheureux ! le brave Achille ne t'a point sauvĂ© » [âŠ]. Et le cavalier Patrocle, respirant Ă peine, lui rĂ©pondit - Hector, maintenant tu te glorifies, car Zeus, le fils de Chronos, et Apollon t'ont donnĂ© la victoire. Ils m'ont aisĂ©ment domptĂ©, en m'enlevant mes armes des Ă©paules [âŠ] Je te le dis, garde mes paroles dans ton esprit Tu ne vivras point longtemps, et ta mort est proche. La Moire [le Destin] violente va te dompter par les mains dâAchille [âŠ] ». Il parla ainsi et mourut, et son Ăąme abandonna son corps et descendit chez HadĂšs, en pleurant sa destinĂ©e, sa force et sa jeunesse. Le bouclier dâAchille chant XVIII Et il [HĂ©phaĂŻstos] jeta dans le feu le dur airain et l'Ă©tain, et l'or prĂ©cieux et l'argent. Il posa sur un tronc une vaste enclume, et il saisit d'une main le lourd marteau et de l'autre la tenaille. Et il fit d'abord un bouclier grand et solide, aux ornements variĂ©s, avec un contour triple et resplendissant et une attache d'argent. Et il mit cinq plaques au bouclier, et il y traça, dans son intelligence, une multitude d'images. Il y reprĂ©senta la terre et l'Ouranos [le Ciel], et la mer [âŠ]. Et il fit deux belles citĂ©s des hommes. Dans l'une on voyait des noces et des festins solennels. [âŠ] Puis, deux armĂ©es, Ă©clatantes d'airain, entouraient l'autre citĂ©. Et les ennemis offraient aux citoyens ou de dĂ©truire la ville, ou de la partager, elle et tout ce qu'elle renfermait. Et ceux-ci n'y consentaient pas, et ils s'armaient secrĂštement pour une embuscade, et, sur les murailles, veillaient les femmes, les enfants et les vieillards. Mais les hommes marchaient, conduits par ArĂšs et par AthĂ©na, tous deux en or, vĂȘtus d'or, beaux et grands sous leurs armes, comme il Ă©tait convenable pour des dieux; car les hommes Ă©taient plus petits. Et, parvenus au lieu commode pour l'embuscade, sur les bords du fleuve oĂč boivent les troupeaux, ils s'y cachaient, couverts de l'airain brillant. Deux sentinelles, placĂ©es plus loin, guettaient les brebis et les bĆufs aux cornes recourbĂ©es. Et les animaux s'avançaient, suivis de deux bergers qui se charmaient en jouant de la flĂ»te, sans se douter de l'embĂ»che. Et les hommes cachĂ©s accouraient; et ils tuaient les bĆufs et les beaux troupeaux de blanches brebis, et les bergers eux-mĂȘmes. Puis, ceux qui veillaient devant les tentes, entendant ce tumulte parmi les bĆufs, et montant sur leurs chars rapides, arrivaient aussitĂŽt et combattaient sur les bords du fleuve. Et ils se frappaient avec les lances d'airain. La Discorde et le Tumulte et la Ker [la Mort] fatale sây mĂȘlaient. Et celle-ci blessait un guerrier, ou saisissait cet autre sans blessure, ou traĂźnait celui-lĂ par les pieds, Ă travers le carnage, et ses vĂȘtements dĂ©gouttaient de sang. Et ces divinitĂ©s semblaient des hommes vivants qui combattaient et qui entraĂźnaient de part et d'autre les cadavres. Achille tue Hector chant XXIII Et Achille, emplissant son cĆur d'une rage fĂ©roce, se rua aussi sur le fils de Priam. Et il portait son beau bouclier devant sa poitrine, et il secouait son casque Ă©clatant aux quatre cĂŽnes et aux splendides criniĂšres d'or mouvantes quâHĂ©phaĂŻstos avait fixĂ©es au sommet. Comme HespĂ©ros, la plus belle des Ă©toiles qui se tiennent dans le ciel, se lĂšve au milieu des astres de la nuit, ainsi resplendissait l'Ă©clair de la pointe d'airain que le fils de PĂ©lĂ©e brandissait, pour la perte dâHector, cherchant sur son beau corps la place oĂč il frapperait. Les belles armes d'airain que le fils de Priam avait arrachĂ©es au cadavre de Patrocle le couvraient en entier, sauf Ă la jointure du cou et de l'Ă©paule, lĂ oĂč la fuite de l'Ăąme est la plus prompte. C'est lĂ que le divin Achille enfonça sa lance, dont la pointe traversa le cou dâHector; mais la lourde lance d'airain ne trancha point le gosier, et il pouvait encore parler. Il tomba dans la poussiĂšre, et le divin Achille se glorifia ainsi - Hector, tu pensais peut-ĂȘtre, aprĂšs avoir tuĂ© Patrocle, n'avoir plus rien Ă craindre ? Tu ne songeais point Ă moi qui Ă©tais absent. InsensĂ© ! [âŠ] Va ! les chiens et les oiseaux te dĂ©chireront honteusement, et les AchĂ©ens enseveliront Patrocle ! » Et Hector au casque mouvant lui rĂ©pondit en sâexprimant avec difficultĂ© - Je te supplie par ton Ăąme, par tes genoux, par tes parents, ne laisse pas les chiens me dĂ©chirer auprĂšs des nefs achĂ©ennes. Accepte l'or et l'airain que te donneront mon pĂšre et ma mĂšre vĂ©nĂ©rables. Renvoie mon corps dans mes demeures, afin que les Troyens et les Troyennes me dĂ©posent avec honneur sur le bĂ»cher. Et Achille, aux pieds rapides, le regardant d'un Ćil sombre, lui dit - Chien ! Ne me supplie ni par mes genoux, ni par mes parents. PlĂ»t aux Dieux que j'eusse la force de manger ta chair crue, pour le mal que tu m'as fait ! Rien ne sauvera ta tĂȘte des chiens, mĂȘme si on m'apporterait dix et vingt fois ton prix, et nuls autres prĂ©sents; mĂȘme si Priam, le fils de Dardanos, voulait te racheter ton poids d'or ! Jamais la mĂšre vĂ©nĂ©rable qui t'a enfantĂ© ne te pleurera couchĂ© sur un lit funĂšbre. Les chiens et les oiseaux te dĂ©chireront tout entier. » Priam supplie Achille de lui rendre le corps de son fils chant XXIV - Souviens-toi de ton pĂšre, ĂŽ Achille Ă©gal aux Dieux ! Il est de mon Ăąge et sur le seuil fatal de la vieillesse. Ses voisins l'oppriment peut-ĂȘtre en ton absence, et il n'a personne qui Ă©carte loin de lui l'outrage et le malheur; mais, au moins, il sait que tu es vivant, et il s'en rĂ©jouit dans son cĆur, et il espĂšre tous les jours qu'il verra son fils bien-aimĂ© de retour d'Ilios. Mais, moi, malheureux ! qui ai engendrĂ© des fils irrĂ©prochables dans la grande Troie, je ne sais s'il m'en reste un seul. J'en avais cinquante quand les AchĂ©ens arrivĂšrent [âŠ]. Un seul dĂ©fendait ma ville et mes peuples, Hector, que tu viens de tuer tandis qu'il combattait pour sa patrie. Et c'est pour lui que je viens aux nefs des AchĂ©ens; et je t'apporte, afin de le racheter, des prĂ©sents infinis. Respecte les dieux, Achille, et, te souvenant de ton pĂšre, aie pitiĂ© de moi car je suis plus malheureux que lui, car j'ai pu, ce qu'aucun homme n'a encore fait sur la terre, approcher de ma bouche les mains de celui qui a tuĂ© mes enfants ! » Il parla ainsi, et il remplit Achille du regret de son pĂšre. Et le fils de PĂ©lĂ©e, prenant le vieillard par la main, le repoussa doucement. Et ils se souvenaient tous deux; et Priam, prosternĂ© aux pieds d'Achille, pleurait de toutes ses larmes Hector, le tueur d'hommes; et Achille pleurait son pĂšre et Patrocle, et leurs gĂ©missements retentissaient sous la tente. Puis, le divin Achille, s'Ă©tant rassasiĂ© de larmes, sentit sa douleur s'apaiser dans sa poitrine, et il se leva de son siĂšge; et plein de pitiĂ© pour cette tĂȘte et cette barbe blanche, il releva le vieillard de sa main. LâOdyssĂ©e en quelques mots Les Dieux ont enfin dĂ©cidĂ© de laisser Ulysse rentrer chez lui. Retenu chez Calypso, le hĂ©ros grec a hĂąte de revoir son Ăźle Itaque, oĂč lâattend sa femme PĂ©nĂ©lope. Mais le chemin du retour ne peut quâĂȘtre pavĂ© dâĂ©preuves pendant que son fils TĂ©lĂ©maque, parti Ă sa recherche, Ă©coute ses anciens compagnons dâarmes lui expliquer la chute de Troie, Ulysse doit lutter contre la tempĂȘte qui le fait naufrager sur les terres du roi Alkinoos. Câest lâoccasion pour lui de raconter Ă son hĂŽte une partie de ses aventures sa confrontation avec le Cyclope PolyphĂšme, sa rencontre avec la redoutable magicienne CircĂ©, sa descente au Royaume des morts. Puis voici les cruelles SirĂšnes, les piĂšges tendus par Charybde et Scylla et enfin lâarrivĂ©e chez la douce Calypso. Finalement, Uysse quitte Alkinoos et retrouve Itaque oĂč les prĂ©tendants tentent de sâemparer du pouvoir. DĂ©guisĂ© en mendiant, il rĂ©ussit Ă vaincre ses adversaires Ă lâĂ©preuve de lâarc avant de les massacrer, avec lâaide de TĂ©lĂ©maque. Je suis Ulysse, le fils de LaĂ«rte⊠» Ulysse et le Cyclope chant IX Ulysse raconte Ă Alkinoos ses aventures chez le Cyclope PolyphĂšme qui le retient prisonnier avec ses marins. Il lui a fait croire quâil sâappelait Personne » Mes gens se tenaient prĂšs de moi ; le ciel dĂ©cuplait notre audace. Soulevant le pieu dâolivier Ă la pointe acĂ©rĂ©e, ils lâenfoncĂšrent dans son Ćil ; moi, je pesais dâen haut et je tournais. [âŠ] Ainsi, tenant dans lâĆil le pieu affĂ»tĂ© Ă la flamme, nous tournions, et le sang coulait autour du bois brĂ»lant. Partout, sur la paupiĂšre et le sourcil, grillait lâardeur de la prunelle en feu, et ses racines grĂ©sillaient. [âŠ] Il poussa dâaffreux hurlements ; la roche en retentit ; mais nous, pris de frayeur, nous nous Ă©tions dĂ©jĂ sauvĂ©s. Alors il sâarracha de lâĆil le pieu souillĂ© de sang et le rejeta loin de lui dâune main forcenĂ©e. Puis dâappeler Ă grands cris les Cyclopes qui vivaient dans les grottes des environs, sur les sommets venteux. En entendant ses cris, ils accoururent de partout ; plantĂ©s devant la grotte, ils voulaient connaĂźtre ses peines PolyphĂšme, pourquoi jeter ces cris dâaccablement ? Pourquoi nous rĂ©veiller au milieu de la nuit divine ? Serait-ce quâun mortel emmĂšne malgrĂ© toi tes bĂȘtes ? Serait-ce toi quâon veut tuer, ou par ruse ou par force ? » Le puissant PolyphĂšme leur cria du fond de lâantre Par ruse, et non par force ! et qui me tue, amis ? Personne ! » Et les Cyclopes de rĂ©pondre par ces mots ailĂ©s Personne ! aucune violence ? et seul comme tu lâes ? Ton mal doit venir du grand Zeus, et nous nây pouvons rien. Invoque plutĂŽt PosĂ©idon, notre roi, notre pĂšre ! » Ils sâĂ©loignĂšrent sur ces mots, et je ris en moi-mĂȘme mon nom et mon habile tour les avaient abusĂ©s ! Sous le charme de CircĂ©, la magicienne chant X Ulysse laisse ses compagnons aller visiter des rivages inconnus⊠Ils dĂ©couvrirent dans un val, en un lieu dĂ©gagĂ©, la maison de CircĂ© avec ses murs de pierres lisses. Autour se tenaient des lions et des loups de montagne, que la dĂ©esse avait charmĂ©s par ses drogues funestes. Mais loin de sauter sur mes gens, les fauves se levĂšrent et vinrent les flatter en agitant leurs longues queues. [âŠ] CircĂ© sortit en hĂąte, ouvrit la porte scintillante et les pria dâentrer ; et tous ces grands fous de la suivre ! [âŠ] Elle les conduisit vers les siĂšges et les fauteuils ; puis, leur ayant battu fromage, farine et miel vert dans du vin de Pramnos, elles versa dans ce mĂ©lange un philtre [potion magique] qui devait leur faire oublier la patrie, le leur servit Ă boire et, les frappant de sa baguette, alla les enfermer au fond de son Ă©table Ă porcs. De ces porcs ils avaient la tĂȘte et les voix et les soies [poils du porc], et le corps, mais gardaient en eux leur esprit dâautrefois. Ainsi parquĂ©s, ils pleurnichaient, cependant que CircĂ© leur jetait Ă tous Ă manger glands, faĂźnes et cornouilles [fruits], qui sont la pĂąture ordinaire aux cochons qui se vautrent. Le retour dâUlysse Ă Itaque Argos, un compagnon fidĂšle chant XVII Tandis qu'ils [Ulysse et son serviteur EumĂ©e] se livraient Ă cet Ă©change de propos, un chien affalĂ© lĂ dressa la tĂȘte et les oreilles c'Ă©tait Argos, le chien que de ses mains le brave Ulysse avait nourri, mais bien en vain, Ă©tant parti trop tĂŽt pour la sainte Ilion [Troie]. Les jeunes l'avaient longtemps pris pour chasser le liĂšvre, le cerf et les chĂšvres sauvages. Mais depuis le dĂ©part du maĂźtre, il gisait lĂ sans soins, sur du fumier de bĆuf et de mulet quâon entassait en avant du portail, afin que les valets dâUlysse eussent toujours de quoi fumer son immense domaine. CâĂ©tait lĂ quâĂ©tait couchĂ© Argos, tout couvert de vermine. Or, Ă peine avait-il flairĂ© lâapproche de son maĂźtre, quâil agita sa queue et replia ses deux oreilles ; mais il nâeut pas la force dâaller plus avant ; Ulysse, en le voyant, se dĂ©tourna, essuyant une larme, vite, Ă lâinsu dâEumĂ©e ; aprĂšs quoi il dit ces mots Porcher, lâĂ©trange chien couchĂ© ainsi sur le fumier ! De corps il est vraiment trĂšs beau, mais je ne puis savoir si sa vitesse Ă courre [Ă la poursuite du gibier] Ă©tait Ă©gale Ă sa beautĂ©, ou sâil nâĂ©tait simplement quâun de ces chiens de table, que les maĂźtres nâentourent de leurs soins que pour la montre [pour le plaisir de le montrer]. » Ă ces mots, tu lui rĂ©pondis ainsi, porcher EumĂ©e Celui-lĂ câest le chien dâun homme qui est mort au loin. Sâil Ă©tait restĂ© tel, pour les prouesses et lâallure, quâUlysse le laissa au moment de partir pour Troie, sa forme et sa vitesse auraient tĂŽt fait de tâĂ©tonner. Jamais les bĂȘtes quâil traquait dans les forĂȘts profondes ne lui ont Ă©chappĂ© ; il connaissait les pistes. Mais le voilĂ fort affaibli ; son maĂźtre a disparu loin de chez lui ; les femmes le dĂ©laissent, le nĂ©gligent. Les serviteurs, dĂšs quâils nâont plus de maĂźtre Ă respecter, refusent dâaccomplir le travail auquel ils se doivent. Zeus tonnant ĂŽte Ă lâhomme la moitiĂ© de sa valeur, dĂšs lâinstant que vient le saisir le jour de lâesclavage. » Ă ces mots, il gagna la riche demeure et marcha droit vers la salle oĂč se trouvaient les nobles prĂ©tendants. Mais Argos nâĂ©tait plus la sombre mort lâavait saisi, au moment de revoir Ulysse aprĂšs vingt ans dâabsence. Sources bibliographiques du dossier et des textes Les Collections de lâHistoire n°24 La MĂ©diterranĂ©e dâHomĂšre. De la guerre de Troie au retour dâUlysse, juillet-septembre Farnoux, HomĂšre, le prince des poĂštes, Ă©d. Gallimard DĂ©couvertes » n°555, Faure, La vie quotidienne en GrĂšce au temps de la Guerre de Troie - 1250 avant JC, Librairie Hachette, de Romilly, HomĂšre, Presses universitaires de France Que sais-je ? » n°2218, de LâIliade et l'OdyssĂ©e Ă©dition Larousse, Petits classiques » PubliĂ© ou mis Ă jour le 2020-01-18 102755
ï»żPubliĂ© le mardi 18 octobre 2011 Ă 16h25 Avec Samuel Achache, Laure Calamy, Jean-Charles Clichet, Julie Lesgages, Emmanuel Matte, Rodolphe Poulain, Pascal Reneric et Sylvain Sounier Un Hamlet en colĂšre comme on ne lâa jamais vu. Pertinent et audacieux, le metteur en scĂšne Vincent Macaigne prĂ©sente une version trĂšs libre et contemporaine de la piĂšce de Shakespeare. Ăa sent bizarre⊠Il y a quelque chose de pourri. On Ă©touffe, ça manque dâair. Hamlet ou la dĂ©nonciation dâun monde confinĂ©, repliĂ© sur soi. Hamlet selon Vincent Macaigne joue le rĂŽle dâun rĂ©vĂ©lateur. Ce quâil voit uneEurope calfeutrĂ©e, apeurĂ©e . Hamlet va secouer tout ça. Il a soif dâabsolu. Est en quĂȘte de vĂ©ritĂ©. AprĂšs un Idiot ! prĂ©sentĂ© en mars 2009 au Théùtre National de Chaillot â librement adaptĂ© du roman de DostoĂŻevski â Ă la beautĂ© convulsive, drĂŽle, saturĂ©e et surtout passablement Ă©nervĂ©, Vincent Macaigne embraye sur Hamlet, un idiot » lui aussi Ă sa façon. Du prince Mychkine au prince du Danemark, il nây a quâun pas ou presque. Car Hamlet met les pieds dans le plat, fait exploser les codes, ouvre lâespace du plateau, le viole, est violĂ© par lui. Vincent Macaigne aborde la piĂšce en remontant Ă la lĂ©gende danoise dont sâinspira Shakespeare. Il imagine Hamlet enfant, amoureux dâOphĂ©lie. Un Hamlet qui prendrait sa source dans le conte. Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre Mais aussi un Hamlet du XXe siĂšcle . La brume sâest dissipĂ©e. Câest en pleine lumiĂšre quâapparaĂźt le fantĂŽme du pĂšre. Hamlet affronte la rĂ©alitĂ© avec les armes du théùtre. Un théùtre qui agirait comme rĂ©vĂ©lateur ; dont lâobjectif est de dĂ©voiler le monde tel quâil est, dĂ©pouillĂ© de ses illusions ; le théùtre de Vincent Macaigne. Hugues Le Tanneur PrĂ©sentation Le conte originel danois dont Shakespeare sâest inspirĂ© pour Ă©crire Hamlet nous servira de point de dĂ©part, telle une âBibleâ. Il sâagit de crĂ©er lâespace dans lequel exploseront la violence et lâart dâHamlet, personnage en quĂȘte dâabsolu et de vĂ©ritĂ©, et de prolonger le cri dĂ©sespĂ©rĂ© de Shakespeare lui-mĂȘme implorant par la chair dâHamlet la vĂ©ritĂ©. Nos recherches tendront vers cette question quâest-ce que ne pas avoir sa place quand on est en colĂšre ? Hamlet est un appel Ă la colĂšre. Un appel dâair en germe dĂšs lâenfance. Hamlet se retourne contre sa propre gĂ©nĂ©ration qui sâest soumise Ă lâacceptation. Il lâappelle Ă la colĂšre. Il travaille comme nous Ă emmener la gĂ©nĂ©ration prochaine. Câest la seule chose Ă faire, pour Hamlet, pour nous. Un sacrifice pour la suite. Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre sera bien sĂ»r lâhistoire dâun poĂšte dâun homme de théùtre. Dans un monde oĂč la chair et la violence sont recluses, quâest-ce que lâabsolu? Dans un théùtre fermĂ©, quâest-ce quâun geste pulvĂ©risateur ? Nos interrogations seront parallĂšles, un monde sâasphyxie et que fait lâart existe-t-il encore, et comment ? Nous ne voulons pas coller au texte de Shakespeare mais en rĂ©vĂ©ler les puissances contradictoires quand le royaume Ă©touffe, il nây a pas dâautre choix pour la jeunesse que de sâexalter, pas dâautre choix pour Hamlet que de venir trouer ce qui lâentoure. Cette quĂȘte de lâabsolu, câest une nĂ©cessitĂ© inscrite dans la chair de chacun de nous depuis le dĂ©but de notre travail. Nous la poursuivrons dans un rapport naĂŻf et violent au conte, en refusant absolument lâabstraction et le cynisme. Tout sera expĂ©rimentĂ© sur le plateau en improvisations, de façon brute, avec la libertĂ© dây ajouter mes propres textes, ceux des comĂ©diens, des extraits de journaux, les textes de SĂ©nĂšque, ceux de Nietzsche, ou dâautres encore. Nous partirons dâune rage, de son germe on voit Hamlet et Laerte enfants. Hamlet et OphĂ©lie sont dĂ©jĂ amoureux. DĂ©jĂ les enfants jettent des pierres, lancent des mots racistes, câest une sociĂ©tĂ© ludique et cruelle, violente qui Ă©merge. La civilisation semble reprendre le dessus mais elle Ă©volue dos Ă une jeunesse qui exulte. Le Danemark se capitonne, se protĂšge de plus en plus, et sâembourgeoise. Nous allons jouer face Ă ce repli. Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre Nous voulons un espace concret pour Ă©vacuer toute tentation de placer Hamlet dans les nimbes et la brume . Nous serons dans le rĂ©el et dans sa vĂ©ritĂ© grotesque. La scĂ©nographie sera concrĂšte, elle sera dĂ©terminĂ©e par la profusion des corps. Câest un fantĂŽme dĂ©gagĂ© de tout brouillard et de toute aura qui parlera Ă Hamlet. Il sera en chair et en odeur, le pĂšre rĂ©incarnĂ©. Nous Ă©cartons la question de la folie, pour tout recadrer sur la violence du geste. Shakespeare inscrit le théùtre au coeur du plateau. Hamlet prend le théùtre comme un engin de la rĂ©alitĂ© et de vĂ©ritĂ©. Nous voulons faire de cette matiĂšre un objet théùtral brut , un geste en quĂȘte de vĂ©ritĂ©, un pamphlet sur lâart et la culture . Ce qui nous intĂ©resse prĂ©server lâhumour et le burlesque de cette tragĂ©die qui nâest tragĂ©die que par bĂȘtise. Faire un théùtre sale et sans politesse, qui ne soit pas lâinstrument dâune pensĂ©e ou dâun discours, mais qui se dĂ©pouille au contraire de toute intelligence pour rĂ©vĂ©ler la naĂŻvetĂ©, lâabsurditĂ© et la poĂ©sie de ses situations. Vincent Macaigne, septembre 2010 Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre Le théùtre de Vincent Macaigne AnimĂ© par la farouche volontĂ© de faire entendre la voix du théùtre dans un monde en crise, le comĂ©dien Vincent Macaigne est devenu metteur en scĂšne pour sâexprimer sur un plateau transformĂ© en champ de bataille des corps et des idĂ©es. Affrontant goulĂ»ment la mort Ă travers diffĂ©rentes versions dâun Requiem sans cesse retravaillĂ©, la combattant par une dĂ©bauche dâartifices revendiquĂ©s et magnifiĂ©s, il assĂšne avec force sa confiance en un art théùtral capable de maintenir lâhomme dĂ©bout. Jouant dâune certaine forme de naĂŻvetĂ© dans sa rencontre avec les mythes fondateurs, il sait construire sa dĂ©construction, refusant toute gratuitĂ©, mais dĂ©fendant lâurgence de lâacte artistique. Câest cette urgence qui a Ă©galement fait de lui un auteur, mĂȘlant sa voix Ă celle des grands dramaturges quâil admire Shakespeare ou DostoĂŻevski. Réécrivant LâIdiot, il charge le hĂ©ros de ses propres angoisses et de ses propres espoirs quâil parvient Ă faire incarner par des comĂ©diens auxquels il demande un engagement physique total. Une implication de chaque instant qui les oblige Ă ne pas faire semblant, Ă prendre tous les risques pour faire surgir la vĂ©ritĂ© qui se cache derriĂšre les rituels dâun théùtre bousculĂ©. Aller jusquâau bout de lâaction, ne rien nĂ©gliger pour rĂ©chauffer les rĂȘves et mĂȘme les accĂ©lĂ©rer, opposer Ă la violence du monde la violence dâun art oĂč la parole est directement adressĂ©e, quâelle soit cri de colĂšre, de dĂ©sespoir ou dâamour pour une humanitĂ© malmenĂ©e, voilĂ tout ce qui se retrouve au coeur du travail de Vincent Macaigne, joyeux dĂ©sespĂ©rĂ© qui ne sâavoue jamais vaincu. Jean-François Perrier, pour lâĂ©dition 2011 du Festival dâAvignon Vous trouvez cet article intĂ©ressant ? Faites-le savoir et partagez-le.
LE MEILLEUR DU FESTIVAL 2011 Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre Posted by redaction on 30 juillet 2011 Commentaires fermĂ©s sur LE MEILLEUR DU FESTIVAL 2011 Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre Un splendide Vincent Macaigne, tout en fureur et en folie. Le trĂšs shakespearien Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre se jouait au CloĂźtre des Carmes jusquâau 19 juillet. Lire NOTRE ARTICLE Photos Christophe Raynaud de Lage Retrouvez-nous sur INFERNO, revue des scĂšnes contemporaines SUR LE VIF DerniĂšre du Vincent Macaigne⊠ATTENTE PATIENTE DerniĂšre du Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre de Vincent Macaigne ce mardi 19 juillet 2011 vers 21 h. Câest la file dâattente devant le CloĂźtre des Carmes de ceux qui nâont pu avoir de billets. Certains sont lĂ depuis 8 h. le matin ! DĂźnette, campement impromptu, bavardages⊠Le CloĂźtre ⊠Lire la suite â FESTIVAL DâAVIGNON DerniĂšre du Beau cadavre de Macaigne Posted by redaction on 19 juillet 2011 Commentaires fermĂ©s sur FESTIVAL DâAVIGNON DerniĂšre du Beau cadavre de Macaigne Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre. Câest la derniĂšre ce soir 19 juillet du superbe Vincent Macaigne, au CloĂźtre des Carmes h⊠En espĂ©rant quâil sâarrĂȘte de pleuvoir ! Un des deux ou trois meilleurs spectacles du Festival, jusquâĂ prĂ©sent⊠Magistral et trĂšs shakespearien. Cf notre NOTRE ARTICLE AU MOINS JâAURAI LAISSE UN BEAU CADAVRE Un Hamlet dâappellation dâorigine, furieusement Ă©lisabethain, par Vincent Macaigne Posted by redaction on 14 juillet 2011 7 commentaires VU Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre / Vincent Macaigne / CloĂźtre des Carmes / Jusquâau 19 juillet / h. Ouaoh ! Autant le dire tout de suite, ce Macaigne a les cojones bien arrimĂ©es ! Et sa troupe, bande furieuse de comĂ©diens sous speed, nâa rien Ă lui envier⊠Le CloĂźtre des Carmes accueille ⊠Lire la suite â SUR LE VIF Salut du Beau cadavre de Macaigne au CloĂźtre des Carmes Posted by redaction on 14 juillet 2011 Un commentaire VU Ce Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre, qui restera certainement comme lâun des meilleurs spectacles de cette 65e Ă©dition du Festival dâAvignon.. On le recommande absolument. VidĂ©o un petit aperçu de lâovation quâil a reçue ce 10 juillet dernier⊠VINCENT MACAIGNE LâIdiot vu de dos Posted by redaction on 8 juillet 2011 Commentaires fermĂ©s sur VINCENT MACAIGNE LâIdiot vu de dos FESTIVAL DâAVIGNON 2011. On y court Vincent Macaigne / Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre / Du 9 au 19 juillet / h. / CloĂźtre des Carmes. Ci-dessus Extrait de LâIdiot vu de dos » VINCENT MACAIGNE aura laissĂ© un beau cadavre Posted by redaction on 21 juin 2011 Un commentaire NOTRE CHOIX dans le programme du Festival Vincent Macaigne / AU MOINS JâAURAI LAISSE UN BEAU CADAVRE Vincent Macaigne est actuellement au CloĂźtre des Carmes, en pleine rĂ©pĂ©tition de sa piĂšce Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre » créée pour le prochain Festival dâAvignon. Vibrionnant, le jeune metteur en scĂšne promet une vision ⊠Lire la suite â 65e FESTIVAL DâAVIGNON Un entretien avec Vincent Macaigne Posted by redaction on 17 juin 2011 Commentaires fermĂ©s sur 65e FESTIVAL DâAVIGNON Un entretien avec Vincent Macaigne LES CHOIX DU BRUIT DU OFF Vincent Macaigne, actuellement en pleine rĂ©pĂ©tition au CloĂźtre des Carmes, Ă©voque sa crĂ©ation 2011 pour le Festival dâAvignon, Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre », adaptĂ©e du Hamlet de Shakespeare, quâil jouera du 9 au 19 juillet Ă relĂąche le 14 dans ce mĂȘme CloĂźtre des Carmes. ⊠Lire la suite â
Sâil y a un reproche que lâon ne peut pas adresser Ă Vincent Macaigne, câest de faire les choses Ă moitiĂ©. Dans Au moins jâaurai laissĂ© un beau cadavre, dâaprĂšs Hamlet de Shakespeare, le jeune metteur en scĂšne va jusquâau bout dans lâexcĂšs et dans lâĂ©puisement des Ă©nergies. On ressort de lĂ en en ayant pris plein la face et avec le dĂ©sir de hurler Ă notre tour. Quelques indices nous mettent sur la voie de ce qui nous attend, dĂšs le hall du Palais Chaillot. A la recherche de notre porte pour entrer dans la salle Jean Vilar, on se voit distribuer des obturateurs, comme aux concerts de hard-rock. En descendant les marches, on entend un bruit sourd. On se prĂ©cipite pour voir ce quâil se passe, ce que lâon rate, et on dĂ©couvre quâun comĂ©dien a fait descendre une centaine de jeunes sur le plateau, qui applaudissent et chantent avec lui, dĂ©chaĂźnĂ©s. Le message est assez clair ce que lâon va voir est du théùtre libĂ©rĂ© des conventions, dans lequel les comĂ©diens sâadressent Ă nous, constamment conscients de notre prĂ©sence, et dans lequel les rires et les cris des interprĂštes et du public sont dĂ©bridĂ©s. Le dĂ©cor composite, qui fait se cĂŽtoyer des stĂšles funĂšbres ornĂ©es de fleurs et des distributeurs de boisson, un mobil home et une tombe ouverte remplie dâun liquide non identifiĂ© sur le devant de la scĂšne â qui oblige les premiers rangs Ă se protĂ©ger derriĂšre des bĂąches en plastique â finit de sĂ©duire notre tolĂ©rance et de nous prĂ©parer pour le meilleur et pour le pire. DĂšs quâil est question de réécriture, lâĂ©quation se formule en termes de fidĂ©litĂ© et de libertĂ©. Avec Macaigne, il est difficile â voire inutile â de trancher. Les personnages et les principaux Ă©pisodes sont ceux de Shakespeare le pĂšre dâHamlet est mort, et le mariage de sa mĂšre et de son oncle fait suite au deuil un peu trop rapidement aux yeux du fils. Le fantĂŽme du roi dĂ©cĂ©dĂ©, la mise en abyme du théùtre et lâamour dâOphĂ©lie rĂ©pondent eux aussi prĂ©sents Ă lâappel. La langue en revanche, Ă part lâincontournable ĂȘtre ou ne pas ĂȘtre », est remodelĂ©e de fond en comble. Claudius appelle Hamlet enfant pourri gĂątĂ© » qui plombe la joie de la noce, alors que lui est accoutrĂ© dâun costume de banane le jour de son mariage, et quâil est le seul Ă sâĂȘtre dĂ©guisĂ© malgrĂ© son message Facebook aux invitĂ©s. Le ton est donnĂ© et il nâest pas lieu de sâoffusquer. La violence de la piĂšce dâorigine est mise en acte et les comĂ©diens nâhĂ©sitent pas une seconde Ă se jeter dans la tombe pleine dâeau du roi, Ă se rouler dans la boue et Ă sâasperger de faux sang. Leurs cordes vocales sâusent Ă force de crier et ils courent partout sur le plateau et parmi le public, qui nâhĂ©site pas Ă se lever pour livrer passage. Mais les encouragements tout aussi Ă©nergiques de Macaigne, du haut de la rĂ©gie, nâautorisent aucun rĂ©pit. A lâentracte, alors que la chanson Sara perche ti amo » est diffusĂ©e dans tout le théùtre, des traces de boue et dâeau dans les marches chatouillent notre curiositĂ© et nous encouragent Ă rester, Ă ne pas rejoindre encore notre confort douillet. Un plateau plus ou moins nettoyĂ© nous attend pour cette seconde partie, plus sombre encore et plus Ă©prouvante. Les rares moments de beautĂ© sont Ă©phĂ©mĂšres, Ă©chouant Ă trouver leur place dans cet univers. Les salves de serpentins et le nuage de paillettes dorĂ©es retombent au sol et se mĂ©langent Ă la boue et au sang. Le chĂąteau gonflable qui sâĂ©lĂšve et envahit la scĂšne retombe sur lui-mĂȘme, malgrĂ© les efforts dĂ©sespĂ©rĂ©s de Claudius pour le redresser. Heureusement, les Ă©motions provoquĂ©es, du rire Ă lâindignation, et la sollicitation des comĂ©diens Ă se lever et applaudir chaque communication du roi, permettent de se reprendre, de reprendre conscience de soi-mĂȘme. Câest indispensable vue la puissance des gestes et des paroles qui nous frappent. Macaigne et sa troupe sont bien conscients de tous les effets quâils produisent et en jouent. Le faux sang est bien du faux sang, il ne sert Ă rien de hurler et de pleurer ; les paillettes qui sâenvolent au-dessus de la scĂšne sâenvolent grĂące Ă Lucie, la rĂ©gisseuse, il ne faut pas se laisser tromper ; et si le geste prend le dessus sur la parole, au point quâon ne comprend parfois plus rien, câest parce que ce ne sont pas les mots qui comptent, mais lâacte de crier dans le micro lui-mĂȘme. La scĂšne et les comĂ©diens sont mis dans tous leurs Ă©tats pour mener le drame Ă son terme le bain de sang final survient enfin, littĂ©ralement reprĂ©sentĂ© sur scĂšne dans le bocal qui contient quatre ou cinq corps peinturlurĂ©s de rouge. Les moutons amenĂ©s sur scĂšne pour la fin sâeffraient un peu de ce carnage, et lâenseigne lumineuse qui domine la scĂšne depuis le dĂ©but clignote Il nây aura pas de miracles ici ». TrempĂ©s de la tĂȘte aux pieds, les comĂ©diens revĂȘtent un peignoir vite tĂąchĂ© et viennent saluer, en compagnie des rĂ©gisseurs, pour qui le spectateur Ă©prouve une certaine compassion. En remontant les marches, certains crient au massacre de Shakespeare et dâautre se rĂ©jouissent de nâavoir pas passĂ© une soirĂ©e mortelle Ă regarder un Hamlet trop classique et trop rangĂ© il faut choisir son camp et sây tenir. F. pour Inferno Pour en savoir plus sur le spectacle, cliquez ici.
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au moins j aurai laissé un beau cadavre